Casser la logique des filières au secondaire I

L'un des chapitres du Livre blanc publié par le SER en 2011 traitait des filières au secondaire I:

"L'introduction du plan d'études romand offre une formidable opportunité de repenser l'évaluation du travail des élèves et donc aussi l'organisation du secondaire I. Le travail de réflexion est déjà bien avancé dans certains cantons, lesquels vont dans le sens d'un abandon des filières, des découpages strictement disciplinaires et du redoublement. La preuve en a été faite dans des pays performants en matière de formation. Si l'on veut former sans exclure, l'absence de sélection jusqu'à la fin de la scolarité obligatoire est payant.

  • Réinventer un secondaire I sans filière, favorisant l'interdisciplinarité et sans redoublement.
  • Assurer une prise en charge des élèves par des équipes pluridisciplinaires.
  • Développer une gestion différenciée des apprentissages avec des moyens adéquats.
  • Ramener à zéro le taux d'élèves de quinze ans en échec en littératie (niveaux 0 et 1 de PISA)."

 Un article de La Tribune de Genève du 12 avril 2017 intitulé "Deux chercheurs montrent que séparer les élèves réduit l'égalité des chances, sans améliorer les performances"  revient sur le même sujet.

"L'école ne comble pas forcément les inégalités sociales. Parfois, elle peut même les favoriser. Comment faire pour qu'un maximum d' élèves réussissent? Certains cantons séparent les écoliers dans des filières en fonction de leurs compétences; d'autres privilégient un «système intégré» où ils sont mélangés. «Il y a beaucoup de débats sur l'organisation de l'enseignement obligatoire», note Georges Felouzis, professeur à la Faculté de psychologie et des sciences de l'éducation à l'Université de Genève. Avec un collègue, Samuel Charmillot, il vient de publier un article sur le sujet dans la revue Social Change in Switzerland, éditée par FORS, le Pôle de recherche national LIVES et l'Université de Lausanne.

Les deux chercheurs ont décortiqué les résultats des enquêtes PISA, menées en 2003 et en 2012 dans quinze cantons. Ces données montrent que le Jura obtient les meilleurs résultats en matière d'égalité des chances. Le statut socioéconomique des parents n'y explique que 4% des différences des résultats des enfants en maths, en 2012. Ce pourcentage est de 6% dans le Valais romand et au Tessin, 10% à Genève et 14% dans le canton de Vaud. Les plus grandes inégalités sont enregistrées à Zurich (19%, chiffre 2009).

«Nous ne pouvons pas expliquer toutes ces différences, commente Georges Felouzis. Mais nous constatons que si on oriente très tôt les élèves dans des filières différentes, cela les sépare en fonction de leurs caractéristiques sociales et produit beaucoup d'inégalités.» Cela se voit aussi dans le temps: les cantons qui, entre 2003 et 2012, ont choisi de réduire la sélectivité ont en général vu augmenter la part de bons élèves issus de milieux modestes. "

Source: Tribune de Genève, 12 mars 2017, Caroline Zuercher