Neuchâtel: lettre ouverte

Des enseignants de Boudry (NE) ont expliqué dans un courrier des lecteurs pourquoi ils ont fait grève cette semaine. Saluons leur courage, ainsi que celui de leurs collègues, de se battre pour une école juste, équitable, de qualité, pour la défense de nos conditions de travail et pour la reconnaissance de notre professionnalisme.

"Nous sommes enseignants et nous avons choisi, à contre-cœur, de faire la grève... Non pas, comme nous l’entendons trop souvent, pour sauver uniquement nos salaires, mais parce que nous nous inquiétons sincèrement pour l’avenir de notre métier en général et celui de nos élèves en particulier.

Les effectifs dans les classes ne cessent d’augmenter. Nous accueillons de plus en plus d’enfants avec des besoins éducatifs particuliers que nous ne pouvons malheureusement pas aider comme ils le méritent. Nous faisons au mieux mais nous n’avons pas assez de temps à accorder, tant à ces enfants qui en ont particulièrement besoin qu’à nos élèves qui n’éprouvent pas de difficultés particulières.

Les classes d’enseignement spécialisé et les institutions sont pleines et ne peuvent accueillir des enfants pour qui on reconnaît pourtant que le besoin est réel.

Est-ce tolérable?

Le canton dépense une fortune pour former de jeunes enseignants qu’il ne fait rien pour garder en son sein par la suite.

Comment en vouloir à ces jeunes qui s’exilent dans d’autres cantons où ils travailleront une à deux périodes de moins pour un salaire plus élevé et des conditions de travail plus saines?

Actuellement plusieurs dizaines de classes, dans notre canton, sont pilotées par des personnes sans titre valable d’enseignant... Diriez-vous que c’est tolérable si votre enfant se trouvait dans une de ces classes l’année prochaine?

Alors oui, dans ce contexte compliqué, la nouvelle grille salariale qui dévalorise encore un peu plus notre profession fait grincer des dents, mais le combat est plus profond.

C’est le combat de tous! Vous tous qui avez des enfants en âge de scolarité ou qui le seront bientôt, c’est le moment de faire entendre que: «Non, cette école-là, n’est plus tolérable!»

Un groupe d’enseignants de Boudry"

source: L'Express/L'Impartial