Succès du CSFEF

Succès du Comité syndical francophone de l'éducation et de la formation.

Dans tous les pays francophones ou presque, la marchandisation de l’éducation gagne du terrain depuis plusieurs années. L’Internationale de l’Éducation (IE) et le Comité syndical francophone de l’éducation et de la formation (CSFEF) sont donc passés à l’action depuis un an et demi.

  • Constatant les effets néfastes de cette marchandisation sur l’accessibilité et la qualité de l’éducation, les syndicats réunis au congrès l’Internationale de l’Education à Ottawa en juillet 2015 ont décidé de lancer une campagne mondiale qui a d’abord ciblé 10 pays.

  • Au bureau exécutif mondial d’octobre 2015, l’IE a décidé d’élargir cette campagne à des pays francophones. C’est ainsi qu’une recherche vient de débuter en Côte d’Ivoire, pour identifier les causes de la privatisation de l’éducation, ainsi que son impact sur les conditions de travail des enseignants, la qualité de l’éducation et les taux de scolarisation.

  • Depuis un an, le Comité syndical francophone de l’éducation et de la formation (CSFEF) s’est associé à des organisations de la société civile pour alerter sur les dangers de la privatisation de l’éducation.

  • Le CSFEF a contribué à la rédaction d’un Appel contre la marchandisation de l’éducation. Cet appel a été signé par 302 organisations originaires de 38 pays de l’espace francophone.

  • Lors de la XVème Rencontre du CSFEF à Antananarivo en novembre dernier, une table-ronde sur l’éducation privée et le financement de l’éducation a été organisée.

Cet appel a été entendu.

En effet, les chefs d’État et de gouvernement réunis au Sommet de la Francophonie à Antananarivo, Madagascar, les 26 et 27 novembre dernier, ont adopté une résolution dans laquelle ils appellent l’Organisation Internationale de la Francophonie et la Conférence des ministres de l’Éducation des États et gouvernements de la Francophonie (Confémen) à poursuivre la réflexion en collaboration avec la société civile sur cette question et à agir sur cette question.

Voici le paragraphe 39 de cette Déclaration :

39. Constatant le développement des établissements scolaires et éducatifs à but commercial, et attachés à une éducation publique, gratuite et de qualité pour tous et toutes, nous demandons à l’OIF et à la Conférence des ministres de l’Éducation des États et gouvernements de la Francophonie (Confémen), en collaboration avec la société civile, de poursuivre la réflexion abordée lors du Sommet de Kinshasa (2012) et de prendre des mesures pour promouvoir des dispositifs institutionnels efficaces de régulation des acteurs privés de l’éducation, afin de garantir la qualité et l’équité des services éducatifs.

Cette prise de position internationale est remarquable à plusieurs titres. Tout d’abord elle s’inquiète de la prolifération d’écoles privées. Ensuite, elle fait le lien entre cette situation, et l’objectif d’éducation gratuite et de qualité. Enfin, elle mentionne explicitement la société civile comme un partenaire incontournable.

Cependant, le travail ne fait que commencer. Le CSFEF demande maintenant aux chefs d’État et de gouvernement des pays de la Francophonie que leurs paroles se traduisent en actions concrètes afin de :

  • mettre en place un système d’éducation publique de qualité, obligatoire et entièrement gratuit;

  • réguler l’enseignement privé;

  • et éliminer les établissements d’enseignement à but commercial.

Le CSFEF est conscient que ces objectifs ne seront pas faciles à atteindre. C’est pourquoi il répond positivement à l’offre faite par les chefs d’État et de gouvernement qui ont déclaré vouloir collaborer avec la société civile.