Les parcours des élèves dans les gymnases sous la loupe

Dans un contexte d’accroissement régulier des effectifs de gymnasiens au niveau cantonal (les effectifs ont doublé depuis vingt-cinq ans et ont augmenté de 20% depuis 2011) et des prévisions toujours à la hausse pour les prochaines années, le questionnement sur les parcours des jeunes prend tout son sens dans le canton de Vaud. L’Unité de recherche pour le pilotage des systèmes éducatifs (URPS) a publié un rapport intitulé Les parcours des élèves dans les gymnases vaudois: une analyse longitudinale. Les auteurs, Cynthia Vaudroz et Bruno Suchaut, donnent les caractéristiques de la population des gymnasiens, retracent leur parcours de façon détaillée et analysent les échecs et les abandons. 

À la lecture du rapport, plusieurs éléments intéressants ressortent. Par exemple, on apprend que le taux de réussite en trois années en maturité est en légère augmentation: il était de 65,3% pour la volée analysée dans le rapport (2009-2010), il est de 65,8% pour la volée 2010-2011, de 68,2% pour la volée 2011-2012 et de 70,1% pour la volée 2012-2013. Le taux de réussite en trois années en École de culture générale et de commerce (ECGC) est quant à lui en légère baisse: 56,1% pour la volée 2009-2010, 55,9% pour la volée 2010-2011, 55,3% pour la volée 2011-2012, et 54,1% en 2012-2013. Concernant le nombre d’entrées en École de maturité (EM), une augmentation est aussi constatée: 2822 élèves en 2011-2012, et 3167 en 2015-2016. En 2016- 2017, avec la première volée d’élèves sous le régime de la LEO qui entre au gymnase, les effectifs de première année augmentent encore: 3430 élèves vaudois ont commencé leurs études en maturité. Le rapport dégage encore les éléments suivants: «Si l’on considère tout d’abord les parcours en référence à une scolarité idéale, à savoir une réussite au certificat dans le temps imparti, c’est environ deux jeunes sur trois (65,3%) qui sont dans ce cas en École de maturité alors que seulement moins de trois jeunes sur cinq (56,1%) remplissent cette condition dans l’École de culture générale et de commerce. Il y a donc déjà, selon cet indicateur global de réussite, une différence notable entre ces deux filières gymnasiales. Avec un indicateur moins sélectif que les précédents qui est celui de l’obtention du certificat: quelle que soit la durée utilisée pour l’obtenir, on constate que plus de huit élèves sur dix sont dans ce cas (82,5%) en EM et seulement trois sur quatre (75,1%) en ECGC.». La question de l’abandon a aussi été étudiée. Le rapport dégage les constats suivants: – Les véritables abandons de scolarité concerneraient 5,8% des jeunes de l’EM et 8,5% des élèves de l’ECGC. - Les abandons de scolarité dans la voie choisie initialement sont en revanche plus fréquents puisqu’ils concernent plus d’un élève sur dix en EM (11,1%) et plus d’un élève sur cinq en ECGC (21,7%).

L’analyse effectuée par les auteurs permet de mettre en évidence l’influence de certaines caractéristiques personnelles et scolaires des élèves. Ainsi, les filles réussissent plus fréquemment que les garçons que ce soit en EM ou en ECGC. En EM, l’âge d’entrée est lié fortement à la réussite, les élèves les plus jeunes (ceux qui n’ont pas accumulé du retard dans la scolarité obligatoire et entrent au gymnase directement) ont des chances bien plus grandes de réussir que les élèves plus âgés. La langue maternelle et/ou la nationalité n’exercent plus d’effet autonome sur la réussite des élèves au contraire du milieu social, ce qui montre l’existence d’inégalités sociales et culturelles de réussite à ce niveau de la scolarité. Les auteurs signalent aussi que de bons résultats aux épreuves cantonales de référence en 10e, comme le niveau de compétence des élèves en 11e année (PISA), permettent de prévoir une réussite au certificat. Cela est particulièrement valable pour les mathématiques.  (réd.) 

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