Vers un avenir radieux? Pas vraiment

Au début du mois d’octobre, le Gouvernement a présenté le budget cantonal 2019. Bien que nous soyons en période de haute conjoncture, il accuse un déficit de 3,5 millions. Il est qualifié de rouge clair par les plus optimistes. Mais des mesures fortes ont dû être prises pour y parvenir. 

Parmi ces mesures, le rattrapage de la diminution de 1,5% sur les salaires consentie pour le budget 2017 ne s’effectuera pas. Malgré une convention passée entre le Gouvernement et la Coordination des syndicats de la fonction publique jurassienne (CDS), rien n’aura été rendu en deux ans. 

Pire cette année, malgré un renchérissement effectif de 0,6%, il n’y aura pas d’indexation des salaires. Avec la baisse admise pour 2017, ce sont désormais 2,1% qui doivent être rattrapés. 

Des efforts pour améliorer le budget 2019 sont aussi fournis par d’autres acteurs. L’ensemble des contribuables, d’abord, puisque la baisse linéaire de 1% par année ne se produira pas en 2019. Phénomène inquiétant à signaler, si cette baisse avait été octroyée, les rentrées fiscales pour les personnes physiques auraient été inférieures à celles de 2018. Comment l’expliquer? On est en période de haute conjoncture, avec un taux de chômage exceptionnellement bas, mais les rentrées fiscales ne suivent pas. Il est indispensable, pour l’avenir, de comprendre les causes, pour les combattre, de ce mécanisme qui mène à cette aberration. 

Ce qui a grandement pesé sur la décision d’entrée en matière de la CDS, c’est la volonté de mettre en oeuvre en 2019 déjà le contre-projet à l’initiative sur les PC1 familles adopté par le peuple en juin dernier. Cela contribue à augmenter de 4,4 millions les aides apportées au paiement des primes d’assurance maladie. Le rattrapage et l’indexation des salaires auraient eu pour effet de retarder l’introduction de cette mesure. Une responsabilité vis-à-vis des moins favorisés que la CDS n’entend pas prendre. Cela dit, les employés ont respecté leur part de la convention par la baisse des salaires depuis 2017. Au tour de l’État de tenir ses engagements, dès 2020. 

Les déductions pour cotisations à la Caisse de pensions augmenteront progressivement sur cinq ans. En 2019, une hausse importante de la déduction pour les primes d’assurance perte de gains se produira. Ainsi, malgré l’obtention d’une annuité supplémentaire, une bonne partie des employés verront leur salaire net baisser. Cette nouvelle perte du pouvoir d’achat doit être la dernière. Ce que la CDS a déjà signifié au Gouvernement. 

Avec OPTIMA, les conditions de travail se sont détériorées. Cela a des effets sur la santé des employés. Les absences de longue durée augmentent. D’où l’adaptation des primes APG imposée par l’assureur du canton. Parmi elles, 35%, la plus grande partie, sont dues à des burnout. Des absences qui coûtent et les éviter permettrait des économies. Espérons, sans polémique pour l’heure, que les cinq nouveaux conseillers personnels des ministres s’attelleront à endiguer ce phénomène, et non à l’accentuer. 

La péréquation financière fédérale, le paquet fiscal 17 et la probable réussite de l’initiative concernant la taxe sur les plaques des véhicules diminueront les rentrées de 25 à 30 millions à l’avenir. Comment compenser ces pertes? Une réflexion de fond s’impose entre tous les acteurs et partenaires de l’État, mais pas dans le secret d’une sinistre table ronde bis. 

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